Djantoli ou comment une méthode de suivi, d’alerte et d’accès aux soins permet de préserver durablement la santé des enfants ?

 

Que représente pour vous la santé, un bon système de santé ? Une hygiène de vie saine, une alimentation équilibrée, ou une activité physique régulière, des hôpitaux et des médecins à proximité ?

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Si pour l’extrême majorité de la population, nous nous retrouvons dans cette conception de la santé et plus largement du système de santé dans son ensemble, il est fort probable que notre vision soit le résultat d’un accès facilité aux biens et services de santé. Pour autant, au 21ème siècle, cette vision de la santé et de ses attributs sont loin d’être le quotidien de nombreuses personnes. Ce constat est d’autant plus saillant dans les pays africains où la santé et le système de santé s’entendent plus au sens communautaire c’est-à-dire la capacité à couvrir le plus grand nombre d’usagers, sur l’ensemble d’un territoire en leur apportant les soins et les prises en charge sociales adaptées à leurs besoins.

Ne vous êtes-vous pas déjà retrouvé dans un hôpital en certains pays d’Afrique de lOuest à attendre des heures interminables aux urgences ? Ne vous êtes-vous pas déjà interrogés sur le quotidien des populations les plus éloignées des soins les plus basiques ? À mon sens, les enjeux de demain se cachent derrière toutes ces interrogations. Mais comment demander à nos gouvernements ou à nos concitoyens de penser à la santé et de recourir aux services de santé communautaire quand d’autres problématiques liées au développement nous rattrapent continuellement ?

La réponse à cette question se trouve peut être dans l’économie sociale et solidaire ou encore dans l’entrepreneuriat social. En effet, pourquoi attendre des autres ce que nous pouvons nous-mêmes créer ? Mais attention, ne vous méprenez pas sur ma position, il ne s’agit pas là de prétendre qu’un mouvement solidaire et collaboratif permettra de résoudre toutes les problématiques ou même de dire qu’il doit se substituer à l’Etat ! Il s’agit avant tout de dire que des initiatives solidaires peuvent constituer des solutions aux points de rupture de la prise en charge des populations par les services de santé communautaire de l’Etat. Et pour illustrer ma vision, j’ai un exemple tout trouvé, celui de Djantoli.

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Djantoli est le projet d’une jeune entrepreneure sociale, Anne Ross Weil, qui a créé une ONG, découlant des problématiques exposées précédemment : l’accès aux soins comme enjeu de cohésion sociale. Je le disais en introduction quoi de plus fondamental que l’accès aux droits sociaux en particulier celui de la santé ! Djantoli a fait de l’accès à la santé le pilier de son intervention avec deux leviers d’action :

  • le premier est celui de permettre à chaque individu de jouir pleinement de son droit à la santé en proposant un suivi sanitaire pour les enfants du Mali et du Burkina-Faso. Une petite application mobile permet de suivre périodiquement des indicateurs de santé et d’adresser les informations recueillies via une application mobile au centre de santé le plus proche ;
  • le second est celui de proposer un service d’éducation à la santé, intégré au système public de santé communautaire. En effet, les agents de Djantoli (les tantines comme on les nomme) bénéficient d’une formation afin d’assurer le suivi des enfants et ce dans le but notamment de recréer du lien social avec les populations les plus éloignées.

L’idée n’est pas révolutionnaire en soit me direz-vous, mais il faut reconnaître la pertinence de l’approche et son efficacité (plus de 5 300 enfants déjà suivis, plus de 3 000 mamans déjà sensibilisées, plus de 120 000 visites à domiciles réalisées, etc.).

Si aujourd’hui Djantoli est présente au  Mali et au Burkina Faso, il se pourrait bien que ce modèle trouve écho dans d’autres pays de la sous-région qui sont confrontés aux mêmes problématiques.

Mais qu’en est-il du Niger ? Sans préjuger des initiatives d’ores et déjà en place au Niger, je pense que nous avons au moins 3 raisons de nous inspirer du modèle de Djantoli.

Tout d’abord, l’aspect lié à la santé communautaire. Les deux-tiers du pays sont désertiques et la grande majorité de la population vit en milieu rural, hors de portée souvent des centres de santé. Dans ce contexte, il serait tout à fait opportun de capitaliser sur des services de proximité comme c’est déjà le cas pour répondre aux besoins des populations. Ensuite, l’aspect lié à la cohésion sociale. Si nous nous prévalons souvent d’avoir su maintenir le lien social dans nos sociétés africaines, il n’en demeure pas moins que nous avons besoin d’aller vers les populations qui vivent loin des villes. Et pour se faire, quoi de mieux que de faire confiance à des agents de terrain ayant reçu une formation adaptée. Enfin, celui des nouvelles technologies ! Je suis toujours agréablement surpris de la capacité que les africains ont d’innover et encore plus lorsqu’il s’agit de solutions informatiques même s’il est vrai que tout le monde n’y a pas accès. De fait, je vois dans les nouvelles technologies en santé une solution durable aux problématiques sanitaire que nous connaissons. En effet, nous avons la possibilité avec les technologies de demain de répondre aux besoins de santé d’aujourd’hui.

Alors pour conclure cette réflexion et sans me faire le défenseur de ce modèle… Mais quand même ! A quand le Djantoli de demain et une santé connectée au Niger ?!

Eric

Pour aller plus loin : http://www.djantoli.org

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